Profs heureux | un-seul-temoignage
16825
page-template,page-template-full_width,page-template-full_width-php,page,page-id-16825,ajax_fade,page_not_loaded,,qode-title-hidden,qode_grid_1200,qode-child-theme-ver-1.0.0,qode-theme-ver-10.0,wpb-js-composer js-comp-ver-4.12,vc_responsive

Vous avez croisé la route d’un prof heureux ?

Une belle école à Flavin

Merci au chef d'établissement et aux maitresses de m'avoir accueilli en stage d'observation au sein de l'école Saint-Charles. J'y ai rencontré des profs heureux des élèves heureux...de beaux projets, de la joie, des valeurs de la créativité , de la réactivité...une bien jolie fresque dans la cour et de nombreux sourires . 😊


Claire, 49 ans, La Primaube


En début d’année, Monsieur Masson, notre instituteur, consacrait beaucoup de temps à poser un cadre et à expliquer les règles. Après, cela allait tout seul. Il avait une sanction qui s’appelait « les trois mots ». Quand un élève commettait une transgression sans gravité, il s’écriait : « Trois mots ! ». On savait qu’on aurait à chercher le soir trois mots dans le dictionnaire et à les expliquer le lendemain aux autres. Il n’accompagnait jamais cela d’un discours moralisateur. Je ne connais rien de plus insupportable ! Tous les élèves savent qu’il ne faut pas bavarder. Ce n’est pas la peine de perdre du temps à le rappeler. On était dans un système sécurisant et efficace. Avec lui, on passait du rire au travail en deux secondes. Il appliquait à la lettre la phrase du livre de l’Ecclésiaste : « Il y a un moment pour tout ». Nous travaillions en trois groupes de niveaux : bleu, blanc et rouge, ce qui lui permettait d’adapter sa pédagogie à chaque groupe, sans aucune stigmatisation entre nous. Nous avions une bibliothèque de classe dont je dévorais les livres. Quand nous avions fini notre travail, nous savions que nous pouvions « faire un BTJ» : les Bibliothèques de travail junior étaient des livrets portant sur des sujets très divers (le charbon, les astres, les plantes…) que nous lisions pour faire ensuite un exposé. J’adorais cela. J’étais curieux de tout. Il nous faisait aussi confiance et nous en étions fiers. Il y avait dans la classe, par exemple, un porte-clefs sur un clou avec une face verte et une face rouge. Si nous voulions aller aux toilettes, il suffisait de le tourner du côté rouge sans rien lui demander. Pour nous, c’était une délicieuse liberté dont nous n’abusions pas ! À mes yeux, il réunissait toutes les qualités de l’instituteur : le savoir-faire pédagogique et l’enthousiasme pour tout ce qu’il enseignait. Mais je retiens surtout sa cohérence d’adulte. Ses paroles étaient toujours accordées à ses actes. Il a touché quelque chose de très profond en moi et n’est pas pour rien dans ma vocation d’instituteur. Comme lui, j’essaie de garder la bonne distance avec ceux qui m’entourent. Cela nous renvoie tout simplement à la question de l’amour. Il ne faut être ni trop près, pour ne pas envahir l’autre, ni trop loin, pour ne pas être indifférent.


Jérôme Brunet, adjoint au secrétaire général de l’enseignement catholique,


Anglais

Mon prof d'anglais s'appelait M. M. Enseignant au lycée jules Ferry de Coulommiers, il nous enseignait l'Anglais avec des chansons de U2, arrivait avec ses Docs martens et nous montrait ce qu'était la vie en nous parlant de la situation en Irlande (on était dans les années 90). Merci à vous... je suis aujourd'hui bilingue et j'écoute toujours U2 💜


Virginie, 40 ans, Coulommiers


Il était énigmatique...

...dans son monde, passionné par ses lectures. Il avait le pas tranquille dans les couloirs. Jamais un mot plus haut que l’autre. On le respectait, naturellement. Il avait les mots pour mettre son monde à notre portée et il croyait au potentiel de chacun. Il a même pensé un temps que je pouvais apprendre le latin ! Lorsque j’ai souhaité intégrer une classe préparatoire en lettre modernes, il s’est investi à mes côtés pour m’apprendre les fondamentaux en latin, sans compter ses heures, en me donnant des cours particuliers.


Sandra, 30 ans, Espalion


Des instants précieux

En seconde, M. S. nous donnait deux heures consécutives de cours d'Histoire tous les jeudis. La première heure était dédiée au programme, nommément la révolution industrielle, sujet assez abscons pour de jeunes adolescents que nous étions. La deuxième heure était dédiée à des débats sur l'actualité courante et à la mise en relation entre les thèmes étudiés précédemment et le événements contemporains. Ainsi un sujet réputé à priori figé et poussiéreux prenait vie et sens, nous inscrivant dans une continuité plus vaste, traversant les siècles et les générations. Ce n'est qu'à la fin de l'année que nous avons appris qu'il souffrait d'une maladie grave et qu'il venait de nous livrer ses derniers cours, qui resteront parmi les plus précieux que j'ai reçus tout au long de ma scolarité.


Paule, 26 ans, Cahors